LE PROGRAMME TUNISIEN D'ERADICATION DU PALUDISME

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    LE PALUDISME DANS LE MONDE (Source OMS)

     

     

    1/ INTRODUCTION

    Le paludisme est de loin la plus importante des maladies parasitaires tropicales dans le monde et il fait plus de victimes que toute autre maladie transmissible, à l'exception de la tuberculose. Dans de nombreux pays en développement, notamment en Afrique, le paludisme coûte très cher en vies humaines, en frais médicaux et en journées de travail perdues.

    Chez l'être humain, les agents étiologiques sont des parasites protozoaires (unicellulaires) appartenant à quatre espèces du genre Plasmodium : P. falciparum, P. vivax, P. ovale et P. Malariae.

    Le Plasmodium falciparum est responsable du plus grand nombre de cas et il est aussi le plus dangereux. Le paludisme est une maladie guérissable si elle est soignée rapidement et de manière appropriée.

    La zone géographique impaludée s'est considérablement rétrécie depuis 50 ans. Mais la lutte contre cette maladie devient de plus en plus difficile et les acquis sont peu à peu érodés.

    L'aggravation actuelle du risque lié à cette maladie résulte de changements dans l'utilisation des terres, et à des activités telles que la construction de routes, l'exploitation minière, l'exploitation forestière et les projets d'agriculture et d'irrigation, particulièrement dans des zones "vierges" telles que l'Amazonie et l'Asie du Sud-Est.

    D'autres facteurs favorisant cette propagation sont le changement climatique mondial, la dégradation des services sanitaires, les conflits armés et les déplacements massifs de population.

    L'apparition de souches multirésistantes du parasite est un facteur d'aggravation. Du fait du développement explosif du tourisme international, des cas importés de paludisme sont maintenant plus fréquemment enregistrés dans les pays développés.

    Le paludisme est en train de réapparaître dans des zones où il était précédemment maîtrisé,ou même éradiqué : Républiques d'Asie centrale de Tadjikistan et d'Azerbaïdjan, et Corée, par exemple.

    En résumé, la situation dans le monde se présente actuellement comme suit :

    Le paludisme pose aujourd'hui un problème de santé publique dans plus de 90 pays représentant au total quelque 2,4 milliards de personnes, soit 40 % de la population mondiale.

    L'incidence mondiale de la maladie est estimée à 300-500 millions de cas cliniques par année.

    Plus de 90 % de tous les cas de paludisme surviennent en Afrique subsaharienne.

    La mortalité due au paludisme est évaluée à 1 million de morts par an.

    Une grande majorité de ces décès surviennent chez les jeunes enfants en Afrique,notamment dans des zones rurales reculées très mal desservies en services de santé.

    Les autres groupes à haut risque sont les femmes enceintes, les voyageurs non immunisés, les réfugiés, les personnes déplacées et les ouvriers agricoles arrivant dans des zones d'endémie.

    Les épidémies de paludisme qui éclatent à la faveur de troubles politiques, de crises économiques et de catastrophes écologiques causent aussi des pertes considérables en termes de mortalité et de souffrance humaine.

      Au total, le paludisme est endémique dans 101 pays et territoires :

      45 pays de la Région africaine de l'OMS,

      21 de la Région des Amériques,

      4 de la Région européenne,

      14 de la Région de la Méditerranée orientale,

      8 de la Région de l'Asie du Sud-Est et

      9 de la Région du Pacifique occidental.

     

    Plus que toute autre maladie, le paludisme frappe les pauvres. Les pays d'endémie paludique sont parmi les plus pauvres du monde. Le coût qu'il occasionne aux pays se compose du coût de la lutte et de celui des journées de travail perdues, évalué à 1-5 % du PIB en Afrique. Pour les individus, le coût inclut le prix du traitement et de la prévention et le manque à gagner.

    Les groupes de population ruraux sont particulièrement touchés.

    Dans les zones rurales la saison des pluies est souvent une période d'activité agricole intense, pendant laquelle les familles pauvres gagnent la majeure partie de leur revenu annuel Le paludisme, lorsqu'il frappe ces familles, aggrave encore leur misère.

    Chez les enfants, il est une cause d'absentéisme scolaire chronique, et parfois d'une baisse des facultés d'apprentissage.

    Le paludisme urbain progresse du fait du développement des bidonvilles autour des grandes villes, particulièrement en Afrique et en Asie méridionale.

    Paludisme et enfants

    Le paludisme tue un enfant toutes les 30 secondes. Cette maladie, pourtant évitable, a atteint le niveau épidémique dans plusieurs régions du monde et continue de se propager sans frein.

    En nombre absolu, cette maladie tue journellement 3000 enfants de moins de cinq ans. Elle cause donc une mortalité très supérieure à celle résultant du SIDA.

    En Afrique, les enfants de moins de cinq ans souffrant de paludisme chronique ont en moyenne six accès par an. Les enfants mortellement atteints meurent souvent moins de 72 heures après l'apparition des symptômes. Chez les enfants qui survivent, le paludisme cause la perte de nutriments vitaux, ce qui entrave leur développement physique et intellectuel.

    De ce point de vue le paludisme est l'une des causes principales de l'absentéisme scolaire. Pourtant, il serait dans beaucoup de cas facile de protéger les enfants.

    Des essais contrôlés randomisés exécutés en Gambie, au Ghana, au Kenya et au Burkina Faso, par exemple, ont montré qu'environ 30 % des décès infantiles pourraient être évités si les enfants dormaient sous des moustiquaires régulièrement imprégnées d'insecticides recommandés tels que les pyréthrines. Contrairement aux insecticides antérieurs tels que le DDT, les pyréthrines sont tirés d'une substance naturelle, le PYRETHRUM, que l'on trouve dans les chrysanthèmes, et ils gardent leur efficacité pendant 6 à 12 mois.

    Le paludisme et la grossesse

    Le paludisme est aussi particulièrement dangereux pendant la grossesse. Il cause une anémie sévère et est l'un des principaux facteurs de la mortalité maternelle dans les régions d'endémie paludique. Les mères enceintes qui ont le paludisme et qui sont séropositives ont beaucoup plus de risque de transmettre leur séropositivité à leur enfant.

    L'UNICEF estime que le paludisme est l'une des cinq causes principales de mortalité chez les enfants de moins de cinq ans. C'est pourquoi cette organisation a fait de cette maladie l'une de ses priorités absolues, et elle finance des programmes de lutte antipaludique dans 32 pays, dont 27 pays d'Afrique.

    COUTS ECONOMIQUES

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    Les coûts du paludisme, en termes de charge pour le système de santé et de perte d'activité économique, sont énormes. Dans le monde, 3 lits d'hôpitaux sur 10 sont occupés par des victimes de cette maladie.

    En Afrique, où la propagation de cette maladie passe par un maximum à l'époque des récoltes et frappe particulièrement gravement les jeunes adultes, un simple accès de paludisme a un coût estimé à 10 journées de travail.

    Des études ont montré qu'une famille infectée par le paludisme défriche seulement pour la culture 40 % de la superficie défrichée par une famille en bonne santé. D'autre part, les connaissances sur la maladie sont particulièrement insuffisantes dans les populations affectées.

    Lors d'une enquête récemment effectuée au Ghana, par exemple, la moitié des répondants ne savaient pas que ce sont les moustiques qui transmettent le paludisme.

    Les coûts directs et indirects du paludisme en Afrique subsaharienne, d'après des estimations de 1997, dépasseraient US $2 milliards.

    Selon l'UNICEF, le coût moyen supporté par chaque pays d'Afrique pour la mise en oeuvre de programmes antipaludiques peut être évalué à au moins US $300 000 par an, soit, pour un pays de 5 millions d'habitants, 6 cents US environ par habitant.

    LE PALUDISME SUR LE RETOUR

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    Dans les parties du monde d'endémie paludique, la remontée du risque est souvent le résultat accidentel d'activités économiques ou de politiques agricoles qui modifient l'utilisation des terres (construction de barrages, projets d'irrigation, sylviculture et déforestation).

    Le "réchauffement mondial" et d'autres phénomènes climatiques tels qu'"El Niño" contribuent aussi à aggraver le risque. Le paludisme a maintenant gagné les hauts plateaux africains, par exemple.

    En ce qui concerne le rôle d'El Niño dans la propagation de la maladie, les perturbations météorologiques qu'il cause influent sur le lieu de reproduction des vecteurs et donc sur la transmission de la maladie.

    Dans de nombreuses zones, il a été observé des augmentations spectaculaires de l'incidence du paludisme lors de conditions météorologiques extrêmes liées à El Niño. En outre, les flambées paludiques risquent d'être non seulement plus étendues, mais plus graves, dans la mesure où les nouvelles populations touchées n'auront pas un degré d'immunité élevé.

    Des augmentations considérables de l'incidence du paludisme coïncidant avec ENSO (El Niño/Southern Oscillation) ont été enregistrées partout dans le monde : Bolivie, Colombie, Equateur, Pérou et Venezuela en Amérique du Sud, Rwanda en Afrique et Pakistan et Sri Lanka en Asie.

    Dans le monde d'aujourd'hui, de plus en plus internationalisé, le problème du "tourisme paludique", qui désigne l'importation du paludisme par des voyageurs internationaux, est devenu courant. Le Royaume-Uni, par exemple, a enregistré 2364 cas de paludisme en 1997, tous importés par des voyageurs. Le "paludisme de fin de semaine", qui se produit lorsque des habitants des villes en Afrique retournent dans leur zone d'origine rurale, pose aussi un problème de plus en plus sérieux.

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