LA MALADIE

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    1/DÉFINITION

    L'éco-épidémiologie est la "science qui étudie les conditions d'existence des êtres vivants
    et les interactions de toutes natures qui existent entre ces êtres vivants et leur milieu"
    (Haeckel,l866).
    La solution du problème du paludisme en tant que problème écologique consiste en une
    restriction du milieu d'habitat du parasite dans ses deux hôtes, à la suite de laquelle son
    épanouissement comme espèce deviendrait impossible. Il est donc nécessaire d'exercer
    une influence sur les deux milieux d'habitat, les hôtes intermédiaires et définitifs, dans le but
    de réduire au minimum la possibilité de circulation du parasite et de son transfert d'un de ses
    milieux d'habitat dans l'autre.
    S'il est possible d'exercer une influence directe sur l'homme sans répercussion sur le milieu
    du premier ordre (l'environnement dans lequel vit l'homme lui-même) l'influence sur le Vecteur
    n'est réalisable que de façon indirecte, par le biais de cet environnement, et dans ce dernier
    cas toutes les mesures de lutte, la lutte génétique mise à part, interviennent considérablement
    dans les biocénoses naturelles.
    Ces mesures auront un impact sur l'environnement, dont les transformations doivent apporter
    la réduction du nombre des vecteurs du paludisme.
    La recherche de la structure de la transmission du Paludisme dans des zones géographiques
    variées représente le travail perspectif qui permettra d'orienter d'une façon convenable toutes les
    méthodes d'action sur le processus épidémiologique du paludisme en général.
    Les composantes essentielles responsables de cette transmission (sa durée et son intensité)
    sont dues au réservoir d'infection, au genre de vecteur, sa biologie et aux facteurs du milieu ambiant.
    Pour fixer la stratégie de lutte antipaludique à adopter, on doit s'appuyer donc sur une étude détaillée
    des conditions existantes dans la zone considérée. Cette étude est nécessaire parce que les
    caractéristiques locales du paludisme varient beaucoup suivant la topographie des lieux, le climat,
    la répartition de la population, les conditions épidémiologiques, la nature du vecteur et le milieu
    économique et social.

 

    Certains aspects socio-économiques de la communauté peuvent avoir une influence
    directe sur la transmission du paludisme.

    2-1- Condition de logement

    L'emplacement des maisons près des gîtes larvaires est un facteur important. Les douars ou les
    maisons isolées sont plus facilement atteints que les villages et ces derniers le sont plus que
    les villes. Il y a un rapport entre lia densité de la population et celle des vecteurs ; en d'autres
    termes, c'est une question de degré de contact humain avec les vecteurs.

    2-2- Profession

    Le paludisme est reconnu comme une maladie professionnelle affectant les travailleurs qu'ils
    soient bergers, pêcheurs, bûcherons, fermiers ou main-d'oeuvre temporaire que leur occupation
    oblige à vivre à certaines périodes de l'année dans des abris provisoires.

    2-3-Déplacement des habitants

    Ce facteur doit être étudié soigneusement dans les diverses couches de la population. De tels
    mouvements peuvent être dus à des pratiques professionnelles (nomadisme) ou à des rites
    religieux.
    Les types de déplacements qu'on observe couramment sont :
    2-3-1- Le nomadisme
    Déplacements saisonniers continuels d'hommes et d'animaux, définis généralement et valant d'une
    année à l'autre (nomades du désert, déplacement dans les régions limitrophes entre provinces).

    2-3-2- La transhumance

    Les mouvements suivent ici une direction verticale plutôt qu'horizontale, déterminée par les variations saisonnières, mais les chemins sont clairement définis.

    2-3-3- La migration des travailleurs

    De tels mouvements apparaissent d'ordinaire temporairement pendant les saisons de moissons
    ou continuellement pour les mines, les constructions de barrages ou pour les travaux d'expansion
    industrielle ou d'irrigation.

    2-3-4-Déplacements pour des raisons mythiques

    Les déplacements plus ou moins importants pour la visite de sites religieux (Zaouias) sont communs
    dans beaucoup de régions et peuvent contribuer à l'augmentation de la prévalence du paludisme
    lorsqu'ils se produisent durant la saison de transmission.
    Ces différents mouvements peuvent se produire à l'intérieur d'un seul pays, mais quelques fois
    dépassent ses frontières, ce qui nécessite une coordination dans les actions entre les pays frontaliers.

    2-3-5- L'exode rural

    L'exode rural vers les villes contribue au développement des zones périphériques de bidonvilles
    qui, si elles sont situées dans les localités atteintes par le paludisme, contribuent à aggraver les
    risques de transmission aux habitants eux-mêmes.

    2-4-Coutumes et moeurs

    Les coutumes et moeurs profondément enracinées dans une population donnée sont susceptibles
    d'entraver toute action antipaludique visant sa protection elles sont liées le plus souvent à l'ignorance,
    au conservatisme et aux attitudes traditionnelles freinant ainsi tout changement et progrès.

    2-5-Facteurs concernant l'hôte (être humain)

    2-5-1- L'âge
    Les nourrissons et les enfants sont plus susceptibles au paludisme.
    2-5-2- L'immunité
    La population habitant dans les zones endémiques de paludisme a un certain degré de
    prémunition contre cette maladie.
    2-5-3- La grossesse
    La grossesse s'accompagne d'une augmentation de la sensibilité aux infections et au paludisme.
    2-5-4-Facteurs génétiques
    Certains facteurs génétiques (hémoglobines anormales, hémoglobine S et thalassémie)
    procurent une certaine protection contre le paludisme. L'absence d'antigène érythrocytaire
    du groupe Duffy protège contre l'infection à Plasmodium vivax.
    2-5-5- L'état nutritionnel

     

    3-1- Le milieu physique

    Cela inclut les caractéristiques climatiques ainsi que les traits topographiques du milieu qui ont une
    influence sur l'épidémiologie du paludisme.

    3-1-1- Le climat

    Les principaux éléments climatologiques incluent la température, l'humidité relative, les précipitations
    et les vents.

    A- La température

    Elle agit sur le parasite au niveau du vecteur (moustique) ainsi que sur le vecteur lui-même.
    Les basses températures moyennes critiques journalières pour le cycle sporogonique dans le
    vecteur sont 160C pour P. vivax et P malariae, et 200C pour P falciparum. Les isothermes d'été de
    150C et 190C limiteront les régions du monde ou P. vivax, P. malariae et PJ falciparum peuvent
    apparaître respectivement.
    Une température moyenne journalière de 160C peut permettre l'apparition de la transmission, mais
    le cycle sporogonique prendra tellement de temps (55 jours) que très peu de moustiques survivraient
    à ce moment-là. Au dessous de cette
    température, les sporozoites, s'ils sont présents dans le vecteur, dégénèrent. L'exflagellation
    (formation de gamètes) et le cycle sporogonique nécessitent des températures favorables.
    Ce cycle est achevé en 9 jours pour P vivax et en 12 jours pour P falciparum à une température
    moyenne journalière de 270C. Les températures supérieures à 320C deviennent rapidement
    mortelles pour les oocystes des moustiques et empêchent les sporozoites de P.vivax de passer
    du coéloma aux glandes salivaires.

    B- L'humidité relative

    Elle n'agit pas sur le parasite, mais contribue principalement à la longévité du vecteur, plus l'humidité
    relative est élevée, plus les chances de survie du vecteur à "l'âge épidémiologiquement dangereux"
    sont grandes. Au-dessous de 60% d'humidité relative, les vecteurs ont moins de chance de survie
    durant le cycle sporogonique.

    C- Les précipitations

    Elles agissent de deux manières elles augmentent l'humidité relative et favorisent l'expansion
    des gîtes larvaires.

    D- Les vents

    Ils ont un effet sur les facteurs de transmission quand il s'agit de brises fortes et continues
    chassant les moustiques et les empêchant de pondre. Ils peuvent aussi agir en augmentant
    le rayon de vol du moustique.
    Pour ce qui est des facteurs climatiques, il faut considérer l'effet de l'altitude sur les températures
    journalières moyennes (un demi-degré centigrade de moins en été par 100 mètres d'altitude) et
    l'existence de microclimats où se réfugient les vecteurs pour éviter les températures extrêmes
    pendant le jour (dans les fissures, les grottes, etc.)

    3-1-2- Le terrain

    L'éclosion du paludisme peut être due à l'existence d'un terrain caractéristique qui détermine
    la vie du vecteur dans son écologie, et à un certain degré, le mode d'existence de la population.
    On peut noter ici l'effet d'un sol poreux sur l'extension des gîtes larvaires, la présence de fissures
    et de grottes qui offrent les lieux de repos pendant le jour pour certains vecteurs.

    3-2- Le milieu biologique

    Les caractéristiques du terrain ainsi que les conditions climatiques d'un certain territoire peuvent
    définir le milieu biologique qui agit aussi comme facteur décisif dans la distribution et la prévalence
    du paludisme. La présence de forêts denses, les hautes herbes, etc., ainsi que la culture du riz et de
    la canne à sucre par exemple, ont une grande influence sur le développement, la répartition, les
    habitudes de repos et le comportement en général des anophèles vecteurs.

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