Historique du paludisme en Tunisie

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LA SITUATION DU PALUDISME AVANT

LE LANCEMENT DU PROGRAMME

 

 

Il ne saurait y avoir de doutes sur l'existence du paludisme en Tunisie depuis les temps anciens.
Notre méconnaissance du problème avant cette date n'existe qu'à travers notre ignorance des écrits.           
Pourtant il apparaît clair dans les écrits de nos ancêtres une trace de cette fièvre déjà depuis le début
des temps islamiques dans notre pays (IV. è siècle ; Ishaq Ibn Solimen et Ibn Jazzar , Médecins de
Kairouan.
 
L'importance de cette maladie a été reconnue au début du XXe siècle. Les débuts de la lutte
antipaludique remontent à 1903, lorsque Charles Nicole a créé un département antipaludique
à l'Institut Pasteur de Tunis. A ce moment-là, et selon tout apparence, toutes les régions du pays
étaient atteintes avec des zones hypoendémique dans la partie nord du pays (TABARKA, BIZERTE).
 
Dans le reste du pays, des épidémies cycliques surviennent et se traduisent par des foyers avec
des taux d'incidence annuel supérieur à 20 % de la population totale et un taux parasitaire
de 70 à 90 %. Tant que des mesures de lutte n'étaient pas instituées, le Plasmodium falciparum
était l'espèce la plus répandue, Suivie du P. Vivax, et en dernier par le P. Malriae.
Des études sur l'incidence ont démontré que les chiffres les plus bas étaient relevés de janvier
à juin, suivie d'une hausse brusque vers un sommet en octobre, ensuite une brusque régression
en novembre et décembre. La période allant de juin à mi-octobre était considérée comme la
saison de transmission, toutefois elle est plus longue dans les parties du sud de la Tunisie.
 
Au total 11 espèces d'onopheles ont été trouvées : Anophèles Labranchiae, A.algriensis,
A. Claviger, A. Coustani, A. Marteri, A. Broussei, A. Hispaniola, A. Sergenti, A. Multicolor,
A. D'thali et A. Superpictus.
Les espèces A. Labranchiae et A. Hispaniola étaient considérées comme étant les principaux
vecteurs du paludisme en Tunisie. Depuis les études ont montrés que  A. Hispaniola n'a jamais
joué un rôle important, et que c'est A.srgenti qui a toujours été le principal vecteur dans le Sud.
 
Tandis que les premières mesures antipaludiques se limitaient à une prophylaxie à base de quinine,
dans des groupes et des individus choisis, et à l'application de larvicides dans et autour des grandes
villes, néanmoins des efforts ont été tentés an 1927 pour étendre les activités de lutte, Mais ce n'est
qu'avec la grande épidémie de paludisme, en 1931 et 1932, qui a impliqué plus de 20 % de la
population, qu'un service spécial de lutta a été organisé qui fonctionné jusqu'au début de la campagne d'éradication. Ce service s'appuyait sur des infirmiers itinérants (agents mobiles) qui étaient responsables des opérations dans une zone déterminée, dite "secteur." Ces agents effectuaient des visites hebdomadaires bimestrielles ou mensuelles, à chaque localité ou hameau. Ils traitent les cas connus
ou suspects, recueillent des lames de sang des cas suspects et des personnes souffrant de splénomegalie, et le cas échéant, appliquent la prophylaxie médicamenteuse.
 
Ils recherchaient également les gîtes larvaires et appliquaient les larvicides, si nécessaire.
 
Le service de lutte antipaludique était bien agencé, comportant une part de surveillance aux échelons régional et central. L'examen des lames de sang a été effectué à l'Institut Pasteur et à un laboratoire régional à Béjà.
 
Le service comportait également un service entomologique à l'institut Pasteur et des ramasseurs de
moustiques dans chaque région. Le travail entomologique courant se limitait à la recherche des larves,
dont les résultats servaient à guider les activités d'application de larvicides.
 
A la suite de ces mesures antipaludiques, l'incidence du paludisme est tombée considérablement
et l'on ne peut douter qu'elle ait réalisé les objectifs de la lutte antipaludique.
Au cours des années 1934-1944, le chiffre annuel des cas confirmés, oscillait entre 2 216 et
7 464, avec une moyenne de 4 480 cas par an.
 
Un relâchement des mesures de lutte s'est produit à la suite du seconde Guerre Mondiale, qui s'est
traduit par une brusque élévation de la morbidité.
 
L'incidence du paludisme a été ramenée a son bas niveau par le renforcement du la lutte contre le
paludisme, par l'emploi des insecticides ou lieu de l'application  de larvicides (malariol avec dieldrine).
Entre 1945 et 1949, l'incidence annuelle du paludisme se situait entre 4 650 et 14 934 cas, en
moyenne 11 222 cas, soit une morbidité de 3491 pour mille. Apres 1949, la fréquence du
paludisme a marqué une nouvelle régression, mais après 1963 et les années suivantes une nouvelle
morbidité élevée a été signalée.

 

Classement : Paludisme instable.

Niveau d'endemicité : Hypoendemique

Formule parasitaire :

de 1934-1936 . P.vivax 35-44%

P.Malariae 1-6 %

P.Falciparum 55-59 %

de 1960-1964 . P.vivax 90-96%

P.Malariae 4-6 %

P.Falciparum 0,6-6 %

FORMULE PARASITAIRE A PARTIR D'UN ECHANTILLON

DE LAMES EXAMINEES

A L'INSTITUT PASTEUR DE TUNIS DE 1939-1944

ANNEE LAMES+ P.Falciparum P.Vivax P.Malariae MIXTE F+V
1 939 2 905 1 334 45,92 1 525 52,5 19 0,65 27 0,93
1 940 1 641 760 46,31 837 51,01 36 2,19 8 0,49
1 941 1 223 664 54,29 504 41,21 43 3,52 12 0,98
1 942 1 169 586 50,13 543 46,45 31 2,65 9 0,77
1 943 2 733 1 012 37,03 1 632 59,71 82 3 7 0,26
1 944 781 305 39,05 390 49,94 82 10,5 4 0,51
MOY 1 742 776,83 44,59 905,17 51,96 48,83 2,8 11,17 0,64

 

 

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F- TAUX DE POSITIVITE DES LAMES

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En 1.903 Charles Nicole créa le département de lutte antipaludique à l'institut Pasteur de Tunis.
En 1927 : des efforts ont été tentés en vue d'étendre cette activité de lutte par la création de groupes d'agents "quinisateurs"
En 1931 - 32 une grande épidémie, véritable Hécatombe avait affecté plus de 20 % de la population totale avec un indice parasitaire de 70 à 90 %, particulièrement au nord du pays.
De 1934-1944 le nombre annuel des cas confirmés se situait entre 2 216 et 7 464 avec une moyenne annuelle de 4480 cas/an.
De 1945-1949 : l'incidence annuelle se situait entre 4 650 et 14 934 avec une moyenne de
1 222 cas. Le taux d'incidence déclarée était de 3,49 pour mille.
 
L'aprés guerre a été donc marquée par une reprise galopante de la morbidité palustre.
 
En 1957 le gouvernement (à la veille de l'indépendance) prend conscience du problème M décide de se lancer dans un programme d'éradication.
En cette même année une enquête de pré-éradication a été ordonnée et a duré jusqu'à 1967.
 
En 1968 un véritable programme démarre dans la partie septentrionale du p a y s sous l'appellation de:

 

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