
Abuja, 25 avril 2000
Message du
Président Zine El Abidine Ben Ali à l'adresse du Sommet d'Abuja consacré à la lutte contre la
Malaria
"Au nom de Dieu, le
Clément, le Miséricordieux,
Monsieur le Président,
Excellences,
Mesdames, Messieurs,
La tenue de cet important sommet africain à Abuja traduit une volonté politique mondiale
de lutter contre le Paludisme, qui continue à miner la santé de plusieurs millions
d'individus dans le monde et particulièrement dans notre continent : les données de
l'OMS, indiquent, en effet, que sur la totalité des décès dus à cette maladie dans le
monde, 90% surviennent en Afrique.
Le concept de ''Roll back malaria'' témoigne de l'engagement de la communauté
internationale à faire reculer, sinon à éradiquer cette maladie endémique, dans le
cadre de la solidarité internationale et avec la participation agissante des
organisations et institutions internationales spécialisées, tels l'OMS, l'UNICEF, le
PNUD et l'OCDE.
Monsieur le Président,
Excellences,
Mesdames, Messieurs,
Le Paludisme, comme bien d'autres fléaux sanitaires, sont, dans notre continent,
étroitement liés à des conditions socio-économiques précaires.
Le paludisme est, en effet, une maladie étroitement associée à la pauvreté, et on ne
peut dissocier entre la lutte contre cette maladie et le traitement de la situation
économique et sociale difficile des pays concernés.
Une solidarité agissante de la communauté internationale et la mise en place d'une
stratégie efficace au niveau mondial, sont dès lors nécessaires à l'aboutissement du
grand projet qui nous réunit dans ce sommet.
Du fait de la multiplication des facteurs ayant un impact sur la transmission de la
maladie, qui est déjà endémique dans près de 90 pays dans le monde, la lutte contre ce
fléau concerne la communauté internationale tout entière. Les risques de sa
transmission s'aggravent en effet de plus en plus, du fait de plusieurs facteurs comme, en
particulier, les migrations et les voyages internationaux.
Les exemples du Sida, d'Ebola, de la Peste et de la maladie de la vache folle montrent à
quel point il est difficile de confiner les risques de contagion de ces maladies dans un
endroit déterminé.
Pour pouvoir éradiquer le paludisme et combattre les facteurs de transmission et les
risques de contagion, il nous faut prendre un ensemble de mesures préventives et
curatives indispensables. Mais la pénurie de ressources, combinée au coût croissant des
soins et des médicaments, constituent les principaux obstacles à l'application de ce
type de stratégies, sans compter l'impact économique et social des conflits locaux qui
entravent les perspectives de développement humain au profit du plus grand nombre.
La solidarité entre les pays est de ce fait nécessaire pour aider à l'élaboration et
à la mise en oeuvre de stratégies à même de faire face à ces problèmes et d'en
réduire les effets, et de faire bénéficier l'ensemble des pays des résultats de la
recherche dans les domaines des vaccins et des médicaments.
Monsieur le Président,
Excellences,
Mesdames, Messieurs,
La Tunisie, qui depuis 1979 n'a enregistré aucun cas de Paludisme autochtone, a intégré
sa stratégie de lutte contre les maladies dans le cadre de programmes nationaux, où le
développement économique se conjugue avec le développement social et la promotion de
l'homme, avec une priorité élevée accordée aux secteurs de la santé, de l'éducation
et a la lutte contre la pauvreté. Nous avons entrepris tout ce qui est possible pour le
développement de l'infrastructure sanitaire, la formation du personnel médical et
paramédical, la fourniture de médicaments, la protection de l'hygiène et de
l'environnement et la mise en oeuvre de vastes programmes d'éducation sanitaire et
d'information de la population.
Le Fonds de Solidarité Nationale, connu en Tunisie sous le nom de fonds 26/26, et que
nous avons institué en 1993, a contribué à la promotion des zones isolées et peu
pourvues et à la préservation de ces acquis et leur consolidation. En dotant ces zones
de logements salubres, en les reliant aux réseaux d'eau potable et d'électricité et en
y renforçant les services sociaux et les services de santé et d'éducation, le fonds a
contribué à améliorer notablement les indices de développement humain dans ces zones.
Fort du succès de notre expérience, consistant à mettre la solidarité au service du
développement, nous avons appelé à la mise en place d'un Fonds Mondial de Solidarité
financé par les dons et les contributions volontaires, qui viendra en complément des
mécanismes et instruments existant actuellement, et qui aura pour objectif de faire
reculer la pauvreté, de développer les commodités de base et les sources de revenus
pour les communautés les plus pauvres, et de contribuer à la lutte contre les maladies
les plus graves, dont le paludisme.
Monsieur le Président,
Excellences,
Mesdames, Messieurs,
La lutte contre les maladies endémiques qui affectent notre continent, telles que le
Paludisme et le Sida, doit bénéficier, de notre part, de toute l'attention que requiert
la gravité de la situation afin de préserver notre capital humain et ses capacités
productives.
Nous pensons que l'un des devoirs les plus ardents de la communauté internationale
aujourd'hui consiste dans le renforcement de l'action et de la coopération internationale
afin d'améliorer le rythme de développement humain dans les pays en développement et
particulièrement les pays les plus pauvres.
Dans ce cadre, le renforcement de l'aide publique au développement et l'allègement du
fardeau de la dette pesant sur les pays en développement sont particulièrement
importants. Mais il faudra également que la communauté internationale oeuvre à faire de
la mondialisation un facteur de rapprochement, de compréhension et de solidarité entre
l'ensemble des pays du monde.
La Tunisie, si profondément attachée à ses racines africaines, continuera, aux côtés,
de ses frères et amis, à lutter contre les fléaux sanitaires et sociaux affectant notre
continent et à oeuvrer en faveur de la promotion de l'homme africain et du développement
de nos sociétés, de leur prospérité et de leur progrès. '' |