LE PROGRAMME TUNISIEN D'ERADICATION DU PALUDISME

LA LUTTE

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OBJECTIFS ET METHODOLOGIE

(1957-1989) :

 

A/Déroulement du Programme :

 

Grâce à une assistance technique et financière de la part de l'OMS la phase de conception du
programme a été entamée en 1957 et a consisté à faire une enquête de pré-éradication qui a
comporté des études paludométriques, épidémiologiques, entomologiques et techniques.
Cette enquête de pré-éradication terminée, le gouvernement tunisien n'était pas en mesure, pour
des raisons financières, de se lancer dans un programme d'éradication et ce n'est qu'en 1966 que
la mise en oeuvre du programme a démarré.
Le schéma des opérations du programme a été signé entre l'OMS et le gouvernement tunisien au
début de l'année 1967 et le programme a été mis en exécution, immédiatement, dans
une zone pilote* couvrant certaines parties des gouvernorats de SOUSSE et de KAIROUAN
(600.000 habitants).
 
Le programme devait couvrir ensuite l'ensemble du pays, en passant par les phases classiques d'un programme d'éradication à savoir : phase d'attaque, phase de consolidation puis phase d'entretien.

 

 

B/ Objectifs :

L'objectif général du programme est l'éradication complète du paludisme en Tunisie.
La définition de l'éradication du paludisme formulée par l'OMS étant :
 
« L'arrêt de la transmission du paludisme et la suppression du réservoir d'infection
au moyen d'une campagne limitée dans le temps et portée à un tel degré de perfection
que lorsqu'elle prend fin, la reprise de transmission n'est plus possible ».

 

C'est ainsi que le programme a comporté dans sa stratégie une série d'étapes bien précises.

C/ Etapes de mise en oeuvre :

 

La stratégie de lutte adoptée en Tunisie a comporté les différentes phases classiques d'un programme
d'éradication du paludisme telles que définies par l'OMS.
 

1-Une enquête pré-éradication:

Elle a eu lieu en 1957 et a consisté en des études paludométriques épidémiologiques, entomologiques et techniques.L'enquête a fourni toutes les données importantes sur la situation du paludisme dans le pays.
 
Il a été, ainsi, constaté que :

 

  • L'ensemble du pays devait être considéré comme étant exposé au risque du paludisme.
  • L'existence des foyers hyper-endémiques dans les régions septentrionales et centrales du pays.
  • Le reste du territoire étant au niveau méso-endémique et hypoendémique.
  • La saison de transmission dans le Nord se situe généralement de juin à Octobre. Dans le Sud,
  • elle s'étale de mai à  novembre.

  • Les espèces plasmodiales prévalantes dans le Nord étaient surtout P. Vivax puis P. Falciparum

ensuite P. Malariae.

  • Dans les zones méridionales et centrales P. Falciparum et P. Vivax étaient à égalité, absence

virtuelle de P. Malariae.

  • A. Labranchiae est considéré comme vecteur principal dans les zones septentrionales et centrales.
  • A. Sergenti semble être le principal vecteur dans le Sud.

 

2- Une phase préparatoire :

 

Consacrée à la préparation de la phase d'attaque. Elle a comporté

 

Cette phase a débuté en 1957 fut complétée en 1967 par l'installation de zones pilotes à
Kairouan et à Sousse.

 

3- La phase d'attaque :

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Correspond à l'application des mesures de lutte visant à interrompre la transmission, à grande
échelle, de façon à assurer une couverture intégrale du secteur.
 
Elle a comporte:
  • Une reconnaissance géographique.
  • Des pulvérisations d'insecticides à effet rémanent de façon complète, totale et suffisante.
  • Le dépistage actif des cas et leur traitement.

 

4- La phase de consolidation :

  Caractérisée par des opérations de surveillance actives, intenses et complètes visant à éliminer
toutes les infections qui subsistent et à prouver l'arrêt de la transmission.

 

Elle comporte :
  • Une reconnaissance géographique.
  • L'arrêt des pulvérisations à grande échelle, elles sont maintenues uniquement dans les foyers résiduels évolutifs ou au niveau des nouveaux foyers.
  • Le dépistage actif et passif des cas.

5- La phase d'entretien :

 

Elle a commencé quand les critères de l'arrêt de la transmission ont été atteints.
Cette opération est appelée à se poursuivre jusqu'à ce que l'éradication du paludisme
ait été réalisée dans le monde entier.
 
La vigilance doit se poursuivre de manière adéquate et comporter les axes
suivants :

 

  • Diagnostic rapide et localisation des cas importés d'autant plus que le vecteur étant
  • toujours présent, le risque de reprise de la transmission autour du cas dépisté persiste.

  • Prise en charge rapide des cas importés.
  • Maintenir les capacités et les compétences requises pour parvenir à maîtriser
  • une éventuelle reprise de propagation du paludisme.

 

6- Phase de Pré-Consolidation:

 

C'est une phase d'exception qui a été utilisée en Tunisie en 1972 pour intégrer au programme
les 3 gouvernorats du Sud, qui n'ont pas été englobés dans le programme de départ.

 

D/ Méthodologies de la surveillance (1967-1990) :

 

L'approche de surveillance a été différente selon la phase du programme.

 

LE DEPISTAGE ACTIF

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L'agent de santé (Itinérant) est tenu de visiter une fois par mois chaque habitation conformément
à un programme établi en début d'année (Reconnaissance Géographique = R.G.) tenant compte de
l'étendue, des voiesd'accès et du nombre d'habitations dans une zone limitée par la R.G., pour
dépister les cas de fièvre et faire des prélèvements de sang sur lame (goutte épaisse), et donner la
dose unique de traitement présomptif (actuellement abandonné). Le taux annuel prévu de ces examens hématologiques (LAMES PRELEVEES *100 / POPULATION DESSERVIE) est fixé
à 3,6% dont 2,6% d'Avril à Septembre.

 

LE DEPISTAGE PASSIF :

L'agent paramédical est tenu dans toutes les formations sanitaires de procéder à un prélèvement de sang
sur lame pour tout malade fébrile se présentant à la consultation médicale.
Le taux annuel prévu d'examens hématologiques pour cette méthode, est de 5,4% dont 3,6% pendant
la période Avril-Septembre.
Le dépistage des cas par ces deux méthodes comporte :

 

UN ASPECT QUALITATIF :

 

Par la sélectivité des cas en limitant les prélèvements aux catégories
suivantes :
 
• Tout malade présentant une fièvre dont la nature n'est pas évidente ou suspecte.
• Tout malade présentant une fièvre prolongée ou récidivante.
• Tout malade fébrile ayant séjourné dans un pays impaludé.

 

UN ASPECT QUANTITATIF :


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